Construire avec le bon sens

Les temps ont changé, les modes de vie aussi. Il en est de même des matériaux et de leurs conditions de mises en oeuvre.

Mais une chose n'a pas varié c'est ... le bon sens.

Certains de mes consoeurs/frères l'ont oublié mais le bon sens reste encore un préalable à tous les systèmes d'économie d'énergie plus ou moins sophistiqués dont peut désormais disposer un bâtiment.

A quoi bon prévoir des capteurs solaires si les baies principales sont orientées au nord générant ainsi des déperditions sans fins ? A quoi servent les balcons de certains immeubles puisque leur largeur permet tout juste d'entreposer une bicyclette ou autre stock de pommes de terre ? ....

Comme moi-même, vous en avez tous vus par nos villes, et sans être architecte vous avez dû vous demander pourquoi. Je vous rassure, je me suis posé les mêmes questions ...

Pourquoi ? tout simplement parce que proportionnellement aux progrès de la science, permettant d'envisager toutes les hypothèses constructives lesquelles sont techniquement de plus en plus sophistiquées et donc ... de plus en plus coûteuses, le bon sens a été évacué des modes de réflexion.

Aujourd'hui, le bon sens est un préalable qu'il faut mettre en avant dès le stade de l'esquisse.

La bâtiment projeté doit être en harmonie avec les éléments naturelles : orientation, vent dominant, soleil, ombre portée d'autres bâtiments ou végétaux, ... de sorte que principalement et naturellement la construction projetée soit économe, et secondairement soit aidée par des moyens techniques dans le but de compléter, et non d'y suppléer, ce que la nature ne pourra pas assumer.

Ainsi, reprenant l'exemple des baies, les prévoir orientées au nord c'est tout à fait possible, mais il conviendra ensuite d'envisager des triples vitrages pour tenter de compenser les pertes caloriques de cette mauvaise orientation ...

Ne serait-il pas mieux, grâce au bon sens, de prévoir des baies orientées au sud ou à l'ouest et de mettre en oeuvre des doubles vitrages bien moins onéreux pour le client ?

Les solutions de bon sens, passives, sont généralement très peu coûteuses et pas nécessairement technologiques. Les constructions bioclimatiques existent depuis des lustres ! je n'invente rien, je mets au goût du jour en utilisant au mieux la technique actuelle et les matériaux nouveaux.

Nos ancêtres étaient des hommes de bons sens lorsqu'ils construisaient :

  • avez-vous déjà vu une ferme dont la façade principale ne soit pas orientée au sud ? non : il savait que le nord était source de froid et le sud de chaleur ; de ce fait, ils disposaient les pièces de service au nord et la pièce principale au sud ;
  • avez-vous vu un corps de ferme, dans sa partie habitation, avec des grandes baies vitrées ? non : il savait que les baies vitrées étaient source de déperdition et ils n'avaient, à l'époque, pas la science pour compenser ces pertes puisque les vitrages étaient simples (j'ajoute que les moyens financiers des paysans d'autrefois -XIX et debut XXème siècle- étaient minimes ; les fenêtres devaient être achetées alors que les murs étaient souvent bâtis avec des matériaux locaux, par l'ensemble des hommes constituant la famille. Le nombre de fenêtre était donc réduit au strict minimum).

Pour vous Chère Lectrice et Cher Lecteur internaute, en attendant un site digne de ce nom -et surtout mieux organisé- actuellement en construction, ce blog a pour principal but de vous faire partager mon métier ainsi qu'appréhender les réelles difficultés qui y sont rattachées. 

Dans un autre domaine : savez-vous qu'il existe plus de 1 000 normes et textes (http://www.cstb.fr ) en tout genre réglementant la construction d'une simple maison individuelle d'habitation ? c'est dire la complexité de la noble tâche d'un architecte.

Bonne consultation à vous.

contact : jacques.argaud@architectes.org

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